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L’Écho des femmes : 30 ans de luttes féministes

Histoire
De bas en haut et de droite à gauche : Marie-Teresa Fereira (bénévole), Manon Choinière (depuis 2001), Christiane Samuel (bénévole), Renée Coulomb (stagiaire en sexologie), Gabrielle Champagne (stagiaire en travail social), Alein Ortegon (depuis 2016), Sarah Landry (depuis 2014), Silvia Martinez (depuis 1989), Judith Rouan (depuis 2016). (photo: Lindsay-Anne Prévost)

L’Écho des femmes fête cette année ses 30 ans. À travers les années, ce centre de jour, qui vise à briser l’isolement des femmes en difficulté, a dû traverser les luttes populaires pour arriver à devenir un organisme communautaire.

« Il y a trente ans, on n’avait pas de conditions de travail ; c’était des militantes qui tenaient L’Écho à bout de bras et il n’y avait personne de permanent. On fonctionnait avec des projets en alternance », raconte Sylvia Martinez, qui travaille à l’Écho des femmes depuis 1989.

C’est lorsqu’elle faisait un stage dans une maison d’hébergement que celle-ci a entendu parler des maisons de femmes pour la première fois. Elle a ainsi visité l’Écho dans le cadre d’un projet et n’a plus jamais quitté l’endroit.

À cette époque, l’organisme était tenu par quatre filles qui se rencontraient dans un sous-sol de deux pièces et demi avec l’intention de venir en aide aux femmes en situation de difficulté.

Depuis, l’organisme se situe désormais dans une maison au 6032 rue Saint-Hubert et est tenu par cinq travailleuses permanentes et deux stagiaires. Près de 1000 femmes de la métropole et du quartier visitent le centre chaque année.

« On était un groupe populaire et on est devenues un groupe communautaire avec le temps », remarque Sylvia Martinez, pour qui les luttes ont été « très nombreuses » avant que l’organisme se fasse reconnaître et ait accès à du financement.

Éducation populaire

Que ce soit parce qu’elles sont nouvellement arrivées au pays, parce qu’elles doivent s’occuper d’un nouveau-né toutes seules ou parce qu’elles sont victimes de violence conjugale, les femmes visitent l’Écho de façon régulière ou irrégulière pour de multiples raisons. Elles ont toutefois le point commun d’être isolées face à leurs problèmes.

« Il y en a qui vivent seules et qui ont coupé les ponts avec leur entourage. Il y en a d’autres qui sont entourées, mais qui se sentent seules lorsqu’elles vivent une situation particulière », raconte la travailleuse Sarah Landry en précisant que celles-ci ont une moyenne d’âge de 55 ans.

C’est à travers des ateliers, des actions collectives, des événements spéciaux, des groupes d’entraide et des midis-causeries organisés en collaboration avec les femmes qui fréquentent le centre que les cinq travailleuses de l’organisme et deux stagiaires tentent d’aider leur prochaine.

« Nos activités visent à outiller les femmes. Ça commence par prendre conscience d’où elles sont dans leur vie et de reconnaitre leur force, explique Sylvia Martinez. L’Écho est un laboratoire où les femmes vont expérimenter toutes sortes de choses et c’est comme ça qu’elles vont passer d’une étape à une autre. »

Son plus beau cadeau est de voir leurs visiteuses quitter le centre avec une confiance en elles et avec la capacité de prendre la parole.

Centre de réconfort

« Je dois une fière chandelle à l’Écho des femmes car on m’a sauvé, explique Christiane, une militante et bénévole qui fréquente le centre depuis plus de 20 ans. Ce qui me fait venir, c’est que quand je retourne chez moi ensuite, j’ai passé un bel après-midi et ça va bien. C’est le après qui me fait revenir ; c’est de voir comment je me sens bien après être venue ici. »

Pour les travailleuses du centre, même si les luttes sont souvent difficiles et la précarité toujours présente, le jeu en vaut la chandelle.

« On pourrait toutes travailler dans un réseau, mais c’est un choix qu’on fait, affirme-t-elle. Pour moi ce choix est politique et c’est un choix de vie ; c’est une conviction. Je travaille dans un lieu qui reflète mes valeurs et j’en suis plus que gâtée », conclut Sylvia Martinez.

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