Publicité

Rouler en bambou dans La Petite-Patrie

Environnement, Transport
Au total, le résident de la Petite-Patrie a construit neuf vélos. Chacun a pris entre 40 et 80 heures. (photo : gracieuseté)

Pour plusieurs, le vélo est un objet qui découle d’une passion pour le sport. Mais pour le résident de La Petite-Patrie, Vincent Barge, c’est un objet qu’on peut transformer en oeuvre d’art pratique. Il entamera bientôt la création de son dixième vélo fait de bambou, Potiok Bamboo Bike.

« Un ami m’avait parlé des vélos en bambou, il voulait en faire et j’ai trouvé l’idée très bonne. Finalement, il a quitté Montréal, mais il avait déjà acheté les pièces et me les a laissées […]. Ça été un peu le point de départ de tout et je me suis dit “go” », raconte Vincent Barge, qui ne se caractérise pourtant pas comme un grand cycliste.

Le coup de foudre pour ce sport et mode de transport lui est venu la première fois qu’il a essayé un vélo à pignon fixe, qui se traduit comme un vélo ayant peu de maintenance.

Depuis cinq ans, les heures qu’il passe dans son cabanon ne se comptent plus. Il lui a fallu 80 heures pour mettre au point sa première création. C’est toutefois son vélo-cargo — qui attire l’oeil de bien des passants — qui l’a fait le plus suer avec plus de 300 heures de travail.

Le vélo-cargo s’avère très pratique pour aller reconduire les enfants à l’école ou mettre les sacs d’épicerie. (photo: Lindsay-Anne Prévost)

Quand bambou rime avec confort

Selon Vincent Barge, le grand avantage du bambou réside dans sa solidité, son absence de rouille et dans sa capacité à absorber les vibrations ; ce qui le rend plus confortable. Ainsi, il serait tout aussi bien pour les gens qui roulent l’hiver, pour les gens de la ville qui doivent absorber le choc des nids de poule que pour ceux qui font de longues expéditions.

Ses limites, elles, se trouvent dans le côté artisanal de la matière et donc dans l’incapacité de produire des vélos de bambou en masse.

La qualité du bambou, une matière difficile à trouver au Québec, varie en fonction de son âge, son espèce, son épaisseur et de son diamètre.

« Il faut que le bambou ait été séché correctement, surtout si après il est utilisé dans un climat sec, car il va fendre s’il a été mal séché », explique le créateur en suggérant de laisser le bambou à l’extérieur tout un hiver afin de tester la solidité de la fibre. Celui-ci débourse plus de 450 $ pour la construction de chacun de ses vélos.

Au niveau du poids, ses créations se situent plus près de l’acier que du carbone avec un cadre qui varie entre 1.450 kilos et 2.100 kilos. « Les vélos qu’on va trouver en commerce seront toutefois plus lourds que l’acier, car le bambou va être plus gros et les joints plus lourds », nuance-t-il.

Abolir les préjugés

Désormais, ce rosemontois qui oeuvre professionnellement dans le domaine des technologies de l’information s’en tire avec 40 à 50 heures de travail et un résultat qui s’est nettement amélioré, même si c’est plus difficile qu’avant.

« Au début, on ne sait pas trop ce qu’on fait donc est un peu inconscient, mais maintenant il n’y a plus de hasard, le façon dont je fais les joints n’a plus rien avoir avec la manière dont je les faisais avant », explique-t-il.

Au contraire de ce qu’on pourrait penser, Vincent Barge ne cherche pas à vendre ses créations. Ce qu’il veut avant tout, c’est de défaire les préjugés orientés vers le bambou et à pousser les gens à construire leur propre vélo.

« Mon objectif est de le faire connaitre parce qu’il y a plein de préjugés comme quoi c’est un objet de collection ou un joujou. Mais si tu es un cycliste sérieux et que ce type de vélo te convient par rapport à son poids et à son absorption des vibrations… go, tu ne seras pas déçu » conclut-il.

 

 

 

 

 

Vos commentaires
loading...