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Airbnb dans la mire du comité logement de la Petite-Patrie

Immobilier
554 logements situés dans l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie et offerts sur la plateforme Airbnb en mai 2016 auraient été retirés du marché locatif. (photo : capture d’écran du Top 20 des locations Airbnb dans la Petite-Patrie au 29 novembre 2016.)

Le Comité logement de la Petite-Patrie (CLPP) a dévoilé le 29 novembre une enquête sur le « pillage » par Airbnb du parc de logements locatifs du quartier.

Réalisée en parallèle à une étude similaire menée par le Comité logement du Plateau Mont-Royal (CLPMR), la recherche fait état d’un phénomène « extrêmement inquiétant » qui n’est pas reflété dans les données publiées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement cette semaine, souligne Martin Blanchard, organisateur communautaire du CLPP, lors d’une conférence de presse conjointe avec le CLPMR.

L’enquête démontre que 554 logements situés dans l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie et offerts sur la plateforme Airbnb en mai 2016 ont fort probablement été retirés du marché locatif.

« La Petite-Patrie a déjà perdu pas moins de 3 300 logements locatifs à cause de la copropriété et Airbnb prolonge l’agonie avec son travail de pillage », estime Martin Blanchard.

Perte de logements locatifs

En date du mois de mai 2016, 1288 offres d’hébergement dans Rosemont-La-Petite-Patrie ont été annoncées sur le site d’AirBnb, peut-on lire dans le rapport d’enquête. De ce chiffre, 769 offres (59,7 %) étaient des appartements ou des maisons complètes tandis que seulement 501 offres (38,9 %) étaient des chambres à louer.

Rosemont-La-Petite-Patrie serait le troisième arrondissement où l’on retrouve le plus d’offres sur Airbnb, après Ville-Marie et le Plateau Mont-Royal.

« Un appartement à louer en permanence sur Airbnb est un logement de moins de disponible pour les résidants et résidantes du quartier. C’est un logement qui est retiré du parc locatif normal et qui est transformé en une occupation commerciale. La perte de ces logements entraine nécessairement une diminution de l’offre locative et donc une augmentation de la demande, le tout exerçant une pression à la hausse sur le prix des loyers dans le quartier », peut-on lire dans l’enquête du CLPP.

D’autant plus que l’on trouve sur Airbnb « un grand nombre de locations […] proposées par des “super-locateurs”, soit de grands propriétaires immobiliers qui retirent des logements du marché locatif traditionnel afin de faire davantage de profit, souvent par des évictions », craint le comité logement du Plateau Mont-Royal.

Le capitalisme de partage ?

Contrairement à l’image qu’affiche l’entreprise en se revendiquant de l’économie du partage, les activités d’Airbnb ne s’appuient pas sur les « principes de la solidarité et de l’échange », mais tendent plutôt à renforcer la spéculation immobilière, « solidement ancrée dans le système d’exploitation capitaliste ».

« La perte d’un réseau de solidarité, d’entraide et de sécurité entre voisin-e-s est fréquemment dénoncée par les résident-e-s », souligne le CLPP. Sur le Plateau Mont-Royal, le comité logement a reçu de multiples plaintes concernant des nuisances dans certains secteurs.

Ainsi, le Comité logement de la Petite-Patrie demande aux élus « de légiférer pour interdire la location d’un logement par Airbnb ou d’autres plateformes similaires ».

Le présent texte a été adapté de l’article publié par le journaliste Simon Van Vliet sur plateau.pamplemousse.space.monolith.agency : http://plateau.pamplemousse.space.monolith.agency/2016/11/airbnb-dans-la-mire-du-comite-logement/

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