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Quand une voie ferrée fait respirer le quartier

Environnement, Transport
Bordée par l’autoroute métropolitaine et par le Plateau, La Petite-Patrie bénéficie de peu d’espaces où l’air n’est pas pollué. (Image tirée de la carte BicylAir, Université McGill)

La voie ferrée du Canadien Pacifique, qui longe le boulevard Rosemont, serait l’endroit où on retrouverait l’air le moins pollué de La Petite-Patrie.

C’est du moins ce qu’on observe lorsqu’on jette un coup d’œil à l’application « BicyclAir », lancée en avril 2015 par la professeure et adjointe en génie civil de l’Université McGill, Maria Hatzopoulou.

Grâce à l’outil Google Maps, l’application permet de visualiser les zones de la métropole où l’air est le moins et le plus pollué par le dioxyde d’azote (N02) et par les particules ultrafines produites par différents combustibles. Celle-ci permet aux cyclistes, aux sportifs et aux piétons d’emprunter le chemin le plus vert à ce niveau et aux résidents de se renseigner sur la qualité de l’air au coin de leur rue.

Bien qu’on puisse croire le contraire à la vue de l’achalandage automobile sur le boulevard Rosemont, la voie ferrée du Canadien Pacifique est l’un des seuls endroits dans le quartier où le trafic automobile n’a pas encore fait son oeuvre.

Ceci s’explique d’abord par le fait que l’accès à cette zone est restreinte aux automobilistes et ensuite par l’industrialisation du secteur. À moins d’y être résident, le va-et-vient des automobiles est peu nombreux. Le Champ des possibles, situé à quelques pas de la voie ferrée, amène d’autant plus d’air frais.

Endroits les moins pollués

La voie ferrée partage sa qualité de l’air avec le parc Père-Marquette, situé à proximité, qui est déjà un espace vert en soi. Toutefois, l’air qui englobe ce dernier serait encore meilleur si celui-ci n’était pas atteint par l’importante quantité de N02 et de particules ultrafines retrouvées à quelques mètres sur l’avenue Papineau.

Du côté de la Petite-Italie, on peut avoir tendance à croire que le boulevard Saint-Laurent est un véritable désastre pour notre respiration à cause de l’achalandage automobile. Le fait que celui-ci soit à sens unique limite cependant les dégâts.

La piétonnisation des rues bordant les alentours du Marché Jean-Talon a également permis à celui-ci de s’inscrire dans le top des endroits où la qualité de l’air est à son meilleur dans le quartier.

Outre ces quatre grands axes, les rues Chambord et De Lanaudière situées entre Bélanger et Beaubien, la rue Chabot située entre St-Zotique et Beaubien, la rue Louis-Hébert entre Beaubien et Holt, la rue de Saint Vallier et l’avenue De Chateaubriand à la hauteur de Bellechasse et Rosemont, ainsi que les rues situées entre l’avenue De Lorimier et la rue Louis-Hébert entre Jean-Talon et St-Zotique sont les endroits les moins concernés par la pollution atmosphérique.

Pour les cyclistes, la rue Boyer remporte la palme de la piste cyclable du quartier avec la meilleure qualité de l’air.

Endroits les plus pollués

À l’inverse et sans surprise, ce sont les quatre voies parmi les plus importantes du quartier où l’on retrouve l’air le plus pollué, soit la rue Saint-Denis, l’avenue Christophe-Colomb et la rue Jean-Talon. C’est toutefois l’avenue Papineau qui se révèle comme le grand vainqueur.

Si l’on s’en fie à la couleur de la carte, l’air de cette avenue serait tout aussi pollué que l’est celle de l’autoroute métropolitaine. La pollution atmosphérique y est tellement importante qu’elle déborde à l’est jusqu’à l’avenue De Lorimier et à l’ouest jusqu’à Garnier.

Bordée au nord par l’autoroute métropolitaine et au sud par le Plateau Mont-Royal, qui est considéré comme l’un des quartiers les plus pollués de Montréal, nous pouvons en conclure que La Petite-Patrie s’inscrit dans le même palmarès que son voisin.

Pistes cyclables polluées

D’autre part, les pistes cyclables ne sont pas forcément situées là où la qualité de l’air est la meilleure. Par exemple, dans la Petite-Italie, une piste cyclable a été construite sur la rue Saint-Dominique alors que l’air y est pollué. Pour les cyclistes qui veulent opter pour une meilleure qualité de l’air, il faudrait plutôt rouler sur l’avenue De Gaspé, Henri-Julien ou la rue Alma.

Les cyclistes se retrouvent souvent à opter entre le chemin le plus rapide (qui est souvent le plus pollué) et un chemin un peu plus long, mais moins pollué ; d’où l’utilité de l’application, qui recense toutes les options.

Après avoir sélectionné notre itinéraire du point A au point B, le trajet en bleu indique l’itinéraire le plus court, le vert indique le moins pollué alors que le trajet en rouge opte pour le chemin le plus calme, où circulent moins de voitures.

Pour mettre au point son application, la professeure Maria Hatzopoulou a récolté pendant quatre ans les données recensées par des cyclistes équipés de capteurs d’air sophistiqués.

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