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Claude Jasmin, chroniqueur chez pamplemousse.space.monolith.agency

Culture
Claude Jasmin a produit plus de 50 bouquins depuis le début de sa carrière d'écrivain, dans les années 1950. (Photo: Thomas Jasmin - Wikipedia)
Claude Jasmin a produit plus de 50 bouquins depuis le début de sa carrière d’écrivain, dans les années 1950. (Photo: Thomas Jasmin – Wikipedia)

Le célèbre écrivain et journaliste Claude Jasmin, celui-là même qui a donné son nom au quartier de La Petite-Patrie, est désormais chroniqueur pour pamplemousse.space.monolith.agency.

Claude Jasmin, 86 ans, n’a plus besoin de présentations pour une majorité de Québécois. Il a été écrivain, scénariste et animateur à la radio et à la télé, céramiste, acteur, marionnettiste, critique d’art, professeur d’histoire de l’art moderne, pamphlétaire, chroniqueur à la radio et à la télé, aquarelliste, graveur, illustrateur, scénographe de télévision, et j’en passe.

Photo Éliane Jasmin

Photo : Éliane Jasmin; tirée du site web Claude Jasmin, écrivain Poing comme net.

Fils de commerçant et céramiste amateur, mais néanmoins connu jusqu’en Ontario, il naît dans la paroisse Sainte-Cécile de Villeray le 10 novembre 1930. Il est troisième d’une famille de sept enfants.

Il se découvre une passion pour l’écriture dès l’enfance, à 12 ans. Il fréquentera le collège classique André Grasset, alors géré par les Sulpiciens, espérant devenir prêtre missionnaire.

Il se destine ensuite aux Beaux-arts, mais son père l’inscrit à une école de métiers, l’École du Meuble, où enseignait Borduas, car ses résultats en mathématiques sont catastrophiques. En 1951, il décroche un diplôme en céramique et en produira toute sa vie, mais en dilettante.

Au début des années 1950, il se fera professeur de cette discipline à Sainte-Adèle, mais un retour forcé dans la métropole s’impose : élèves et revenus ne sont pas au rendez-vous! Il devient étalagiste et chômeur à temps partiel, accumulant les petits boulots jusqu’en 1953. Cette année-là, Paul Buissonneau l’engage comme acteur, décorateur et marionnettiste. Il fait partie de la célèbre Roulotte à Buissonneau, qui fera la tournée des parcs de Montréal pendant des années.

À 22 ans, Jasmin devient régisseur du théâtre Le quat’sous. Il est l’aîné de la troupe, bien avant qu’elle ne connaisse la célébrité et que Buissonneau puisse se doter d’un toit, sur l’avenue des Pins.

En 1956, Jasmin fait son entrée à Radio-Canada par hasard. Il devient scénographe-décorateur aux émissions pour enfants. Durant cette période, il écrit quelques articles pour divers journaux de l’époque, dont le Vrai, dirigé par Jacques Hébert, une des trois colombes avec Jean Marchand et Pierre-Elliott Trudeau. En 1958, Radio-Canada est frappée par une célèbre grève de ses réalisateurs, pour laquelle René Lévesque deviendra une figure de proue.

En 1958, au chômage forcé, il se lance dans l’écriture d’un premier Roman : Et puis tout est silence (Éditions de l’Homme). L’année suivante, il écrit un second roman : La corde au cou, qui remporte le prestigieux Prix du Cercle du livre de France de 1960. Suit Délivrez-nous du mal qui aborde un thème controversé à l’époque, l’homosexualité. À 30 ans, Jasmin a à son actif trois romans encensés par la critique. Il écrit alors une pièce de théâtre, Le veau d’or, qui remportera plusieurs prix.

Terrorisme

Son quatrième roman, Ethel et le terroriste, décrochera le prix France-Canada et sera traduit en plusieurs langues, dont l’anglais. Le roman s’inspire d’un fait réel, l’explosion d’une bombe dans un centre de recrutement des Forces canadiennes par le Front de libération du Québec (FLQ) en 1963. Ce roman suscite la controverse l’année de sa parution, car le FLQ connaît une certaine montée en popularité, qui culminera à la Crise d’octobre 1970. Jasmin y relate les crises existentielles de son personnage principal, Paul, un terroriste, qui s’enfuit avec sa petite amie juive Ethel. Paul en vient à s’interroger sur le sens de l’action terroriste.

De 1963 à 1966, il enseignera l’histoire de l’art moderne à l’Institut des arts appliqués, tout en demeurant à la SRC. Il y restera jusqu’en 1985. Durant cette période, il produira peintures, gravures et dessins.

Dans les années 1960, les réalisateurs Pierre Patry et Jean-Claude Lord tourneront des films respectivement inspirés de La Corde au cou et Délivrez-nous du mal. Toujours dans les années 1960, Claude Jasmin écrit ses premiers scénarios de séries télé, notamment Rue de la liberté. En 1965, son roman Pleure pas Germaine, édité chez Parti-Pris, dirigé par Gaston Miron, fait scandale : c’est une chronique de la vie quotidienne du Plateau Mont-Royal avant Beauchemin et Tremblay. Il y critique le clergé et décrit la misère urbaine des Canadiens français de l’époque. Gérald Godin publie une recension dithyrambique.

La gloire

En 1976, à 45 ans, il connaît la gloire grâce au feuilleton télévisé La Petite Patrie, dont il signe le scénario. La série sera diffusée pendant trois ans, mais reprise pendant plus d’une décennie sur les ondes de la SRC. La Petite Patrie lancera ou confirmera les carrières de nombreux comédiens, dont Vincent Bilodeau, Christiane Pasquier, Gisèle Schmidt et Louise Rinfret. Quelques célébrités y tenaient de petits rôles occasionnels, dont Mariette Duval, Michel Forget, Edgar Fruitier, Gaston Lepage, Robert maltais, Benoit Marleau, Jean-Pierre Masson (le Séraphin des Belles histoires des Pays d’en Haut), Gilles Pellerin, Yvan Ponton, Denise Proulx, Pierre Dufresne, Roger Lebel, Monique Mercure ainsi que… le grand-père de l’auteur de ces lignes, Phil Desjardins. Suivent les séries Dominique pour TVA et Boogie-Woogie 47, toutes inspirées de ses souvenirs de jeunesse.

À la fin des années 1980, il lance une série de romans policiers dont le héros est Charles Asselin. Il devient chroniqueur littéraire à TQS (l’ancêtre de V Télé), puis chroniqueur et animateur à la radio. Il coanimera plusieurs émissions très populaires avec Benoit Marleau, Patrice Lécuyer et Paul Arcand, notamment lors de la crise d’Oka, à l’été 1989. Il dessinera plusieurs couvertures de livres chez Guérin, qui publiera son journal Pour ne rien vous cacher.

Claude Jasmin publie un livre par année depuis son premier roman, en 1958 (pour une bibliographie). Il collectionne les maisons d’éditions ainsi que les prix et les honneurs (Centre du livre de France 1960, Jean-Hamelin 1065, Québec-Paris 1978, Ludger-Duvernay et France-Canada 1980, Athanase-David 2016).

Villégiateur et blogueur

Sur une note personnelle, en 1952, il marie la comédienne Louise Charlebois, qui lui donnera une fille, Éliane, et un fils, Daniel. En 1983, il est en deuil de sa femme. Mais il vit depuis longtemps avec sa compagne actuelle, la réalisatrice Raymonde Boucher, et passe beaucoup de temps dans son chalet au pied du Sommet Bleu, tout près du lac Rond de Sainte-Adèle.

Depuis la fin des années 2000, il tient un journal intime et anime un blogue sur son iMac. Infatigable, il entame, fin 2013, une série de récits autobiographiques sur ses amours adolescents : Anita, une fille numérotée et Élyse, la fille de sa mère, considérés comme une suite logique de la Petite Patrie.

Lisez ici sa première chronique pour pamplemousse.space.monolith.agency.

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