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Échapper à l’intimidation grâce à une maison de jeunes

Éducation, Santé, Vie de quartier
La maison de jeunes l’Hôte Maison accueille 175 à 200 jeunes par année. (photo : Gracieuseté — L’Hôte Maison/Jimmy Rancourt)

La maison de jeunes l’Hôte Maison, située sur la rue Boyer, est un refuge pour les adolescents du quartier. Certains y vont pour se retrouver entre eux, d’autres pour se sortir de l’intimidation.

Chaque année, plus de 175 jeunes, âgés de 12 à 18 ans, fréquentent l’Hôte Maison. Ils sont environ 25 par jours à venir à la rencontre de la directrice générale, Mathilde Gouin, et des intervenants Jimmy Rancourt (coordonnateur/intervenant), Katherine Lapierre (intervenante/sexologue) et Sébastien Roussel (animateur).

À l’Hôte Maison, les jeunes — issus de milieux aisés autant que de milieux plus défavorisés — se prêtent selon leur gré à des jeux libres ou encore aux divers ateliers sportifs et culturels offerts par l’organisme. C’est sans compter les nombreuses sorties de groupe.

Sur son site web, l’Hôte Maison se définit comme « un lieu de rencontre pour les adolescents, où ils ont la possibilité, sur une base volontaire et au contact d’adultes significatifs, de devenir des citoyens actifs, critiques et responsables, et ce, par le biais d’activités diverses ».

Toutefois, lorsqu’on parle à ces jeunes, on se rend compte que l’Hôte Maison est bien plus. Pour certains, elle a été un refuge ; un lieu qui leur a permis de créer des amitiés au lieu d’être intimidé.

Intimidation

« J’ai eu des périodes noires pendant mon secondaire, ç’a été difficile, et c’est vers la Maison des jeunes que je me suis tournée pour trouver de l’aide. Ils créent une confiance avec les jeunes que tu ne vas peut-être pas créer avec tes professeurs ou les intervenants de l’école. Ils vont t’aider à trouver les ressources », témoigne Annie Thériault, âgée de 21 ans, qui a fréquenté l’Hôte Maison.

Rencontrée lors de la soirée bières et fromages organisée par l’Hôte Maison en novembre dernier, la jeune femme raconte que l’organisme lui a permis d’acquérir la confiance qui se perd parfois en n’étant pas accepté à l’école. « Quand on va là-bas, c’est plus facile de se faire une place. Tout le monde parle avec tout le monde », dit-elle.

Un adolescent de 17 ans, qui fréquente l’organisme depuis trois ans, partage le même constat. « Je parle avec du monde à qui je ne parlerais pas nécessairement à l’école. J’ai connu plus de monde à la maison des jeunes qu’en allant à l’école », fait par celui-ci, qui a préféré être cité sous le surnom de Scooby-Doo.

Découverte de soi

Ce dernier avoue notamment s’être découvert une passion en franchissant les portes de l’organisme.

« J’ai appris à jouer de la musique, c’est là que tout a commencé pour moi. Ça a commencé à m’ouvrir d’autres portes et à faire des choses que je n’aurais jamais cru faire en restant assis sur mon sofa », fait-il part.

À travers les activités libres et diverses soirées thématiques, les intervenants abordent des sujets qui peuvent être tabous auprès des jeunes : sexualité, homophobie, ruptures amoureuses, intimidation, etc.

« Des fois, parler avec quelqu’un qui est à l’extérieur de ta vie et qui peut amener un point de vue plus objectif, ça fait du bien, et les intervenants sont tous là pour ça », raconte-t-il.

Intervention à petites doses

Le tout se déroule au rythme des adolescents. Les interventions se font quant à elle de manières spontanées puisque les jeunes vont à l’Hôte Maison, à prime à bord, pour s’amuser. Les intervenants divisent donc leur temps entre le mode intervention et le mode animation.

« C’est une école de formation. On a 25 jeunes à gérer donc ce n’est pas juste de dire “parle-moi de tes problèmes de drogue”. C’est de saisir chaque perche pour parler de sexe, de drogue, etc. C’est beaucoup moins clinique », précise l’intervenant Jimmy Rancourt.

Que ce soit du côté des intervenants ou des adolescents, ils ont tour à tour évoqué le terme de « famille » à un moment au cours des entrevues ; un qualificatif qui prend tout son sens lorsqu’on s’attarde au nom que porte la maison de jeunes de la rue Boyer.

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