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Enquête sur les femmes aînées pour améliorer leurs conditions de vie

Santé
Comme il y a de moins en moins de personnes aînées dans le quartier, il y a de moins en moins de services qui leurs sont adaptés, estime la travailleuse de L’Écho des femmes, Judith Rouan. (photo : Franck Michel- Flickr)

L’organisme L’Écho des femmes fera passer un questionnaire à environ 80 femmes aînées de La Petite-Patrie dans l’objectif d’améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs pairs.

« L’an passé à L’Écho, il y a eu un projet pour essayer de faire connaître les ressources du quartier pour femmes aînées et on s’est rendu compte qu’on ne connaissait pas du tout leurs besoins, qu’elles fréquentaient peu les organismes et qu’elles étaient isolées. Mais qu’est-ce que ça veut dire être isolé ? Ça se mesure comment ? À quoi s’est dû ? On a voulu mieux comprendre ça », explique la travailleuse de L’Écho des femmes, Judith Rouan.

Le questionnaire, intitulé « En quête d’aînées » sera transmis jusqu’à la fin du mois de janvier à plus de 80 femmes de La Petite-Patrie âgées de plus de 60 ans. Celui-ci comprend une trentaine de questions relatives à leurs conditions de vie, au respect de leurs droits, à leur participation dans la société, à leur fréquentation dans les organismes ainsi qu’à l’aide qui leur est apportée au sein du quartier.

Une fois les résultats compilés, L’Écho désire dresser un portrait de ces femmes et mobiliser divers acteurs de La Petite-Patrie pour ainsi travailler à améliorer leurs conditions de vie et briser leur isolement.

Femmes isolées

« L’objectif est de voir comment on peut s’organiser comme quartier pour que celui-ci leur soit plus accessible », explique Mme Rouan.

Selon elle, les services de santé (à domicile et dans les CLSC) sont de plus en plus restreints et les transport ne sont pas adaptés aux aînés. Ceux-ci auraient donc tendance à vivre dans l’isolement.

« Ce n’est pas qu’elles n’ont plus envie de sortir. C’est que c’est rendu trop compliqué pour elles de se rendre jusqu’au bingo […] Ce qu’elles nous disent c’est “j’ai envie de m’occuper de moi-même et, de toute façon, il n’y a rien qui est adapté pour moi” », témoigne la travailleuse de l’Écho, qui a déjà rencontré une trentaine de femmes aînées.

« Elles sont souvent délogées et la proportion diminue, car beaucoup de familles arrivent [dans le quartier]. Comme il y a de moins en moins de personnes aînées, elles sont dans des situations hypervulnérables et, du coup, il y a de moins en moins de services qui leurs sont adaptés », rend compte Mme Rouan.

Ces dernières se contenteraient alors de ce qu’elles ont, d’autant plus qu’elles n’auraient plus la force de se présenter dans des conseils et de lutter pour réclamer plus d’aide et de services, estime la travailleuse de L’Écho des femmes.

« Elles n’iront pas faire une manifestation pour avoir plus de bingo ; ça n’aurait pas de sens », dit-elle.

Mobilisation

Il est toutefois très difficile de rejoindre ces femmes. Notamment à cause de leur isolement et parce qu’elles ouvrent rarement aux gens qui font du porte-à-porte, mais également parce qu’elles sont sursollicitées.

« On leur demande de remplir des questionnaires à longueur de journée, mais c’est des questionnaires de laboratoires pharmaceutiques ; c’est une clientèle hallucinante. Quand nous avons été les visiter, elles disaient “mais pourquoi un autre questionnaire ? Pour faire quoi ? Mais une fois qu’on leur explique, elles trouvent ça important et veulent contribuer », témoigne Judith Rouan.

Celles-ci ont même demandé à ce que l’Écho des femmes revienne leur présenter les résultats, qui seront dévoilés le 8 mars 2017, lors de la Journée internationale des femmes.

L’Écho des femmes a travaillé avec cinq bénévoles de l’organisme pour élaborer le questionnaire.

À lire également : L’Écho des femmes, 30 ans de luttes féministes

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