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Quand le souvenir d’une tragédie mène à la sensibilisation

Vie de quartier
La Coalition du 8 mars de La Petite-Patrie a commémoré les 14 femmes assassinées à l’École Polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989, parce qu’elles étaient des femmes. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Quelques organismes qui forment la Coalition du 8 mars de La Petite-Patrie se sont mobilisés au métro Beaubien pour sensibiliser les citoyens à la violence faite aux femmes.

L’action de mobilisation s’est tenue hier à l’heure de pointe au métro Beaubien, lors de la journée de commémoration des 14 femmes assassinées à l’École Polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989.

Des membres du groupe Action travail des femmes, du Centre N A Rive, de L’Écho des femmes, du Regroupement des Tables de concertation de La Petite-Patrie (RTCPP) et du Service d’Entraide Passerelle, qui font partie de la Coalition du 8 mars de la Petite-Patrie dans le but d’organiser des événements en lien avec la journée internationale des femmes, ont distribué un ruban blanc aux passants en la mémoire des ces dernières.

Le ruban était accompagné d’une plume en guise de solidarité aux femmes autochtones victimes de violences sexuelles. Les citoyens ont été invités à signer une pétition en ligne demandant la tenue d’une enquête publique sur les relations entre les femmes autochtones et les institutions policières au Québec.

« Je veux sensibiliser la population au fait qu’aujourd’hui, c’est encore très fréquent ces choses-là. Ce n’est malheureusement pas parce qu’on est en 2016 que les gens font plus attention », explique Julie Ann, une citoyenne qui fréquente l’Écho des femmes de La Petite-Patrie.

Agressions sexuelles

Julie Ann a fréquenté l’Écho des femmes de La Petite-Patrie à titre de victime. Elle tente maintenant d’aider ses pairs. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Les agressions sexuelles concernent les femmes de tous les âges. Toutefois, selon l’expérience de Mme Ann avec certaines femmes du quartier, certaines ont de la difficulté à identifier l’acte en question.

« Il y a des enfants, des adultes et des personnes âgées qui sont victimes, mais elles ne savent pas c’est quoi les mots ; elles disent “il a fait ça et ça”, mais elles ne savent pas que ces actions-là ont un nom. Ça va être important qu’on arrive à sensibiliser les gens de plus en plus, car c’est trop banalisé », croit-elle.

Selon les membres du G13, une table de concertation de plus de 20 groupes et regroupements provinciaux féministes œuvrant pour les droits et l’égalité de toutes les femmes, une femme sur trois sera victime d’agression sexuelle au cours de sa vie et une sur quatre sera victime de violence conjugale. Également, 95 % des victimes de la traite à des fins d’exploitation sexuelle sont des femmes.

« Ça ne s’en va pas avec le temps. Il faut des actions, de la sensibilisation et s’entraider là-dedans », clame Mme Ann. C’est correct de parler et il y a des ressources qui existent ; ne restez pas prise avec ça. Allez cogner à des portes et il y a éventuellement quelqu’un qui va vous ouvrir et vous aider », dit-elle.

La campagne de sensibilisation tenue au métro Beaubien s’inscrit dans les 12 jours d’action pour l’élimination des violences envers les femmes.

La Coalition du 8 mars de La Petite-Patrie regroupe le groupe Action travail des femmes (ATF), le Bureau de la communauté haïtienne de Montréal (BCHM), le Centre de ressources et d’action communautaire (CRAC), le Centre N A Rive, le Collectif des femmes immigrantes du Québec (CFIQ), Compagnie F, L’Écho des femmes de la Petite Patrie, Grossesse-secours, le Groupe d’entraide maternelle de La Petite Patrie (GEM), la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), La Maisonnée, Maisonnette des parents, La Pastorale sociale, RTCPP – La Place, le Service d’Entraide Passerelle (SEP) et Tandem Rosemont-Petite-Patrie.

Les violences faites aux femmes en chiffres :

  • Les femmes autochtones de 25 à 44 ans sont cinq fois plus susceptibles que les autres femmes du même âge de mourir à la suite d’actes de violence ;
  • Les femmes en situation de handicap sont deux fois plus sujettes à la violence conjugale que les autres femmes ;
  • Une femme sur cinq a vécu du harcèlement sexuel au travail ;
  • 73 % des victimes de cyberintimidation sont des femmes ou des filles ;
  • Les données 2012 de la Sécurité publique du Québec indiquent que 83 % des victimes d’agression sexuelle sont des femmes ou des filles et que 93 % des homicides conjugaux sont exercés contre les femmes.

Source : Fédération des femmes du Québec

Des membres du groupe Action travail des femmes, du Centre N A Rive, de L’Écho des femmes, du Regroupement des Tables de concertation de La Petite-Patrie (RTCPP) et du Service d’Entraide Passerelle, ont pris part à la campagne de sensibilisation. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

 

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