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Des nouveaux arrivants à la découverte du Québec

Culture, Éducation
Les excursions « J'ai mon voyage ! » attirent chaque fois une dizaine de nouveaux arrivants en apprentissage de la langue française. (photo : Gracieuseté — La Maisonnée)
Les excursions « J’ai mon voyage ! » attirent chaque fois une dizaine de nouveaux arrivants en apprentissage de la langue française. (photo : Gracieuseté — La Maisonnée)

Que ce soit par la rencontre d’artistes de Cowansville ou à l’écoute d’un musicien de Rawdon, tous les moyens sont bons pour familiariser les nouveaux arrivants aux expressions québécoises.

C’est du moins ce que propose l’organisme d’accueil et d’établissement ainsi que d’employabilité et d’insertion en emploi La Maisonnée, située au 6865, avenue Christophe-Colomb, à travers son programme « J’ai mon voyage ! ».

Chaque mois, Richard Nicol, coordonnateur au bénévolat et à la vie communautaire à La Maisonnée, embarque dans son minibus avec une dizaine d’immigrants en apprentissage du français et part à la découverte des régions du Québec. L’objectif : faire découvrir à ces derniers les accents, les expressions et les sons du français parlé à travers diverses excursions régionales.

« On rencontre des gens dans le domaine de la culture et dans le domaine social. On essaie d’identifier les histoires-clés de ces petites villes et d’être en contact avec elles », raconte M. Nicol. Les nouveaux arrivants, eux, n’ont aucune idée d’où ils vont, mais ils ont soif d’apprentissage. Saint-Zénon, Cowansville ou Dunham sont loin d’être des régions que leurs sont familières.

Grâce au travail d’un animateur de conversation en langue française et de deux bénévoles de La Maisonnée, les échanges et les liens entre le groupe sont constamment animés au cours de la journée. À la fin de celle-ci, les immigrants sont en mesure d’utiliser l’expression « J’ai mon voyage ! » à l’instar de « J’en ai marre » ; une expression qui a donné le nom au présent programme offert par l’organisme.

Intégration complète

En une année, c’est huit périples régionaux qui se comptent à La Maisonnée. Pour Richard Nicol, le programme vient compléter l’intégration des nouveaux arrivants.

« Dans le domaine de l’immigration, on parle beaucoup que le travail favorise l’intégration ; que les gens doivent avoir un boulot pour s’intégrer. Moi je dis que les immigrants doivent avoir un travail pour gagner leur vie d’abord et éventuellement s’intégrer. Les loisirs touristiques, les découvertes régionales et les vacances sont aussi des moments importants et conviviaux, qui permettent l’intégration et donc la rencontre entre québécois et immigrants », dit-il.

De son expérience, la rencontre entre les nouveaux arrivants et les Québécois de souche donnent d’autant plus souvent naissance à des moments magiques.

« On a été à Philipsburg et il y avait des écrivains qui récitaient des extraits de leur ouvrage. J’ai demandé aux organisateurs si les immigrants pouvaient réciter des poèmes. Quand un couple d’iranien a annoncé qu’ils allaient réciter un poème de Gaston Miron, la soixantaine de personnes présentes a applaudi et a trouvé formidable que ces gens-là, qui arrivent de Téhéran, récitent un poème de cet auteur », témoigne le coordonnateur.

Renouvellement incertain

Il est toutefois incertain que le programme soit renouvelé pour 2017 puisque l’organisme dépend d’une subvention offerte par le Secrétariat à la politique linguistique et par le Ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec.

La Maisonnée accueille 10 000 personnes et offre ses services à 5 000 nouveaux arrivants chaque année.

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