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Françoise David : réalisations locales en cinq temps

Élus
Françoise David estime que l'adoption du projet de loi 492, qui interdit l'éviction de locataires aînés, est l'une de ses plus belles réussites. (photo : Gracieuseté)
Françoise David estime que l’adoption du projet de loi 492, qui interdit l’éviction de locataires aînés à faible revenu, est l’une de ses plus belles réussites. (photo : Gracieuseté)

Avec un siège à l’Assemblée nationale du Québec, Françoise David a permis à plusieurs enjeux locaux de trouver une résonance nationale. Bilan de ses quatre ans de travail comme députée.

Au cours de ses quatre années de mandat, Françoise David a permis à un bon nombre de projets d’aboutir ; autant au niveau local que national.

C’est sans compter son soutien aux citoyens de Gouin : plus de 400 demandes lui ont été adressées à l’intérieur de deux ans.Une forte majorité d’entre elles provenaient de gens en situation de pauvreté, de vulnérabilité et avec des troubles de santé mentale et concernaient les dédales bureaucratiques gouvernementaux. Avec l’aide de sa précieuse équipe, Mme David a réussi à résoudre 80 % des cas.

Le journal La Petite-Patrie s’est entretenu avec l’ancienne députée afin de dresser un bilan de ses réussites… et de ses regrets.

Projet de loi 492

Lors d’une conférence de presse tenue pour l’annonce de son départ immédiat, Françoise David n’a pas hésité à nommer le projet de loi 492 qui interdit l’éviction des aînés à faible revenu de leur logement comme l’une de ses plus belles réussites.

« Ce projet de loi n’aurait pas existé si je n’avais pas travaillé pendant quatre ans avec le comité logement, qui m’a vraiment dévoilé l’ampleur des problèmes de spéculation dans Rosemont-La-Petite-Patrie lors de mon arrivée en 2012 », rend compte l’ancienne députée.

Malgré de nombreuses recherches juridiques, Mme David et le comité logement se sont rendu compte qu’il était impossible de contrer tout le phénomène de la spéculation immobilière. C’est alors qu’ils sont tombés, par hasard, sur une loi française qui protège les aînés de l’éviction. Avec la vivacité d’esprit qui l’habite, Mme David a mené le sujet jusqu’au débat des chefs afin de s’assurer qu’il atterrisse à l’Assemblée nationale.

« J’ai présenté le problème aux autres chefs lors du débat en leur demandant s’ils étaient d’accord. Ils ont été obligés de dire oui devant des millions de personnes », explique-t-elle.

Bien qu’il ait fallu deux ans à cette loi de deux articles pour être adoptée en juin dernier, cette tactique a permis à « un problème local de trouver une résonance nationale », se réjouit Mme David.

Théâtre de marionnettes L’Illusion

Grâce à son poids politique et son réseau de contacts, la députée a également permis à trois organismes/entreprises du quartier d’obtenir les fonds manquants pour concrétiser leurs projets. Tel est notamment le cas pour le Théâtre de marionnettes L’Illusion, qui a finalement obtenu une aide financière de 1,7 million de dollars pour son projet de rénovations et d’agrandissement.

« Claire Voisard [la directrice générale de L’Illusion] a fait un travail exceptionnel avec son équipe. Mais il y a des moments, et c’est toujours ça les dossiers, où ça bloque et ça prend du temps. Il y a eu un changement de ministre — c’était ma soeur qui était ministre de la Culture et là c’est Luc Fortin. J’ai donc mis tout mon poids sur M. Fortin en lui disant qu’il ne pouvait pas demander à ce monde-là de tout recommencer, qu’il reprenne le dossier et qu’il le fasse avancer le plus vite possible », témoigne Mme David, en expliquant que le contraire aurait peut-être mené Claire Voisard à vendre le théâtre.

Désormais, ce sont les touts-petits du quartier qui peuvent se réjouir du combat mené.

6839, rue Drolet

L’histoire est semblable pour celle du 6839, rue Drolet ; un immeuble appartenant à la Commission scolaire de Montréal dont celle-ci voulait se départir. Le Centre social et communautaire de La Petite-Patrie, un organisme de lutte contre la pauvreté, a alors fait une offre pour acheter l’immeuble. Ceux-ci avaient toutefois besoin d’une aide financière afin de procéder aux rénovations.

« Différents bailleurs de fonds promettaient des sous, mais il en manquait un : La Ville de Montréal. Ils avaient dit devant moi qu’ils allaient les aider, mais rien n’avançait. J’ai réussi, in extremis, à obtenir un rendez-vous avec le maire Coderre. Après discussions, j’ai obtenu un engagement formel », raconte Mme David.

Le soutien offert va se concrétiser lors de la prochaine réunion du Conseil de ville, qui se tiendra le 23 janvier. Le montant octroyé sera dévoilé qu’à ce moment.

Programme pour enfants autistes

Pour le Centre de la petite enfance (CPE) Au Petit Talon, situé 7120 Rue de Lanaudière, l’aide de la députée relevait d’une question de survie vis-à-vis de leur programme pour enfants autistes.

« Avec les coupures que les CPE vivaient l’année dernière et avec les nouvelles règles budgétaires, si la directrice ne recevait pas un montant qui était autour de 40 000 $, elle fermait le programme pour enfants autistes ; ce qui était absolument dramatique pour les neuf enfants qui le fréquentait », témoigne Françoise David.

Celle-ci a alors sensibilisé le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport et ministre de la Famille, Sébastien Proulx. Après avoir visité le CPE Au Petit Talon, celui-ci a versé la somme attendue.

Réfugiés syriens

Alors que les enfants autistes du quartier ont encore un CPE, une famille de réfugiés syriens peut désormais vivre dans un pays où règne la paix.

Sous l’initiative de Françoise David, les élus — scolaire, municipal et fédéral — du quartier se sont rassemblés et ont lancé une campagne de financement pour faire venir une famille de réfugiés syriens.

En collaboration avec l’organisme La Maisonnée, qui offre des services en matière d’accueil et d’établissement, les élus ont réussi à amasser 30 000 $ et à atteindre leur objectif.

Un grand regret

Malgré son soutien à diverses causes et à divers organismes, Françoise David exprime un grand regret.

« Pour moi, mon plus grand échec, ma plus grande déception et ma plus grande colère est l’adoption du projet de loi 70, qui se donne l’autorisation de faire des coupures dans les prestations de base des nouveaux demandeurs à l’aide sociale », raconte Françoise David, en ajoutant s’être battue « comme une démone » sur celui-ci.

Si la personne refuse temporairement ou à long terme de participer à un programme d’intégration au travail, son chèque de prestation peut être coupé du tiers. Puisque la prestation de base est de 600 $, le demandeur d’aide social serait mené à vivre avec 400 $ par mois.

« Je me souviens le printemps dernier, lors d’un retour en train à Montréal, je me sentais complètement découragée. J’en pleurais. Je sentais qu’on ne l’aurait pas. Les mouvements sociaux de défense des droits faisaient leur possible, mais ce n’est pas un sujet qui suscite un large appui populaire ; il y a trop de préjugés » se désole Mme David, qui suit le projet depuis la fin des années 1980.

Avec ses collègues de Québec solidaire, Amir Khadir (Mercier) et Manon Massé (Sainte-Marie-Saint-Jacques), elle a tourné le dos à l’Assemblée nationale lorsque le projet de loi a été voté.

Bilan

Même si elle se désole de l’adoption du projet de loi 70, Françoise David  quitte la vie politique « avec le sentiment du devoir accompli ».

Pour elle, l’année 2016 a été remplie de surprises : l’adoption du projet de loi 492, l’octroi de la somme demandée pour conserver le programme pour enfants autistes du CPE Le Petit Talon et l’aide financière pour le 6839, rue Drolet ont tous été accordés en juin dernier. L’aide financière de 1,7 million de dollars pour le projet de rénovation et d’agrandissement du Théâtre de marionnettes L’Illusion a également été octroyée la même année.

« J’étais très fatiguée, mais très fière », se remémore Françoise David ; comme quoi elle conservera un bon souvenir de sa dernière année comme députée.

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