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Un bâtiment patrimonial risque la démolition

Histoire, Immobilier
7070, avenue Casgrain
Plusieurs citoyens craignent de voir l’édifice situé au 7070, avenue Casgrain, être démoli. (photo : Gracieuseté — Julie Patenaude)

Plusieurs citoyens du quartier se sont mobilisés afin de signaler leur attachement à l’immeuble situé au 7070, avenue Casgrain, qui risque la démolition en raison d’importants travaux.

Ces derniers ont notamment bravé le froid lors d’une glaciale journée de janvier pour aller apposer des coeurs sur la clôture qui entoure l’édifice.

Le bâtiment, construit en 1935 par l’architecte Donat Beaupré, abritait anciennement la clinique de l’inspection des viandes. Le rôle d’évaluation foncière évalue l’édifice à 3 198 800 $. Selon la Ville de Montréal, celui-ci ne peut plus être préservé tel qu’il est puisqu’il nécessite d’importants travaux, notamment de remplacement de la maçonnerie, des portes et des fenêtres, de la toiture et de plusieurs autres composantes.

Selon le dernier organisme à avoir occupé le bâtiment, les Déprimés Anonymes, des champignons se sont répandus en 2005 — date à laquelle ils ont quitté l’édifice.

Bâtiment irrécupérable

La Ville de Montréal n’a pas pu répondre à la demande du journal La Petite-Patrie de lui fournir le rapport d’inspection puisque celui-ci est inclus dans les plans et devis du projet et fera donc l’objet d’un appel d’offres.

Le maire de l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau, confirme toutefois que le bâtiment est irrécupérable à cause de la forte présence de champignons toxiques, et ce, autant sur le plâtre que le béton.

« La structure de bois est complètement envahie de moisissure également. Les supports d’ouverture des fenêtres sont affaissés, la majorité des briques n’est pas récupérable. La structure du bâtiment est également fragilisée. Mis à part quelques pièces de bois et de la quincaillerie, rien n’est récupérable pour ce bâtiment et une décontamination n’est pas possible. La démolition par la Ville est nécessaire… », a fait part le maire dans une conversation Facebook portant sur l’immeuble en question.

Reconstruction identique impossible

En 2016, le Service de la gestion et de la planification immobilière (SGPI) a déposé un projet de reconstruction auprès du comité consultatif d’urbanisme (CCU) de l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie. Le projet déposé était de déconstruire et de reconstruire de façon identique le bâtiment avec quelques modifications, tout en conservant la facture historique. Le CCU de l’arrondissement a toutefois émis un avis préliminaire défavorable.

« Le projet qui nous a été présenté est un projet d’imitation d’un bâtiment d’origine et il est reconnu dans les pratiques usuelles de la préservation du patrimoine et de sa mise en valeur que ce n’est pas souhaitable de faire du mimétisme. Le CCU a émis un avis à cet effet. Mais si la Ville veut présenter de nouveau un projet de bâtiment identique, ils peuvent le faire et ce sera au CCU de juger », explique François William Croteau, en ajoutant que c’est la Ville qui décidera du sort de l’immeuble au final.

Selon Jacques-Alain Lavallée, chargé de communication à la Ville de Montréal, le CCU souhaitait plutôt la démolition du 7070 Casgrain et la construction d’un nouveau bâtiment plus grand et plus haut sur le site, avec un rappel historique.

Suite au refus du CCU, le SGPI a demandé à l’arrondissement de présenter de nouveau le projet. La Ville de Montréal n’a toutefois pas eu de réponse à cet effet.

Questionné à ce sujet, l’arrondissement stipule qu’il « ne présentera pas à nouveau un projet identique, c’est-à-dire qui n’aurait pas été modifié depuis le dernier projet présenté.»

« L’Arrondissement est actuellement dans l’attente de recevoir un nouveau projet répondant en tout ou en partie à l’avis préliminaire qui a été émis par les membres du CCU », précise Marie-Claude Perreault, chargée de communication à l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie.

Citoyens attachés

Les membres actifs des Ami.e.s du Marché Jean-Talon, impliqués dans tout ce qui entoure le marché, souhaitent que les citoyens soient consultés sur l’avenir du site, sa fonction et son apparence. Selon eux, un nouveau bâtiment pourrait être intégré à la Place Shamrock tout en respectant l’ensemble architectural composé des pavillons du Marché Jean-Talon et de la Caserne de pompiers voisine.

« Trop souvent, les démolitions ou les démantèlements de bâtiments patrimoniaux sont succédés par des décennies au cours desquels les lieux tombent à nouveau à l’abandon et font place à des champs de graviers ou des stationnements de surface », ont-ils affirmé, en référant le journal de La Petite-Patrie à une prise de position publiée sur leur page Facebook.

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