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Espace vert au métro Beaubien : l’oeuf ou l’enveloppe ?

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Le conseiller du district Étienne-Desmarteau, Marc-André Gadoury, propose d’aménager un parc sur 10 % du terrain situé au 6575, avenue de Chateaubriand. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

Une motion d’amendement a été déposée par le conseiller du district Étienne-Desmarteau, Marc-André Gadoury, afin de transformer une partie du stationnement logé au 6575, avenue de Chateaubriand, en espace vert.

L’amendement a été déposé lors du conseil d’arrondissement du 6 février dernier.

Le propriétaire du stationnement, situé en face du métro Beaubien, désire morceler le terrain et vendre celui-ci sous forme de lots. Or, le règlement stipule qu’une personne qui cesse son établissement doit « verser une somme compensatoire équivalente à 10 % de la valeur réelle du site [97 370 $ dans ce cas-ci] à l’arrondissement ou céder une superficie de terrain faisant partie du site et équivalente à 10 % de la superficie du site ». La décision d’encaisser le montant ou d’occuper la superficie revient à la mairie de l’arrondissement.

Le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau, proposait d’accepter le versement de 10 %. Le conseiller du district Étienne-Desmarteau, Marc-André Gadoury, est toutefois intervenu en suggérant plutôt d’occuper la superficie afin de transformer celle-ci en parc.

« Notre désir est de créer un parc dans un secteur où ceux-ci sont en demande. On est au coeur de La Petite-Patrie et je pense qu’on a là une opportunité à ne pas rater comme arrondissement », a-t-il plaidé.

Espace vert réclamé

« Il n’y a pas beaucoup de terrains et 10 % c’est quand même 120 mètres carrés. Ce n’est pas si grand que ça, mais ça permet d’aménager un espace de détente. Le terrain est situé en face du métro Beaubien donc les gens pourraient se donner rendez-vous au parc. Il n’y a pas tant d’espaces verdis dans ce coin-là », rend compte Marc-André Gadoury en entrevue au journal de La Petite-Patrie.

Un développement résidentiel est également prévu sur le site. Advenant que le promoteur immobilier aménage le verdissement des condos du côté du parc et que les cours verdies des résidents rejoignent celui-ci, ce dernier possèderait « un encore plus grand dégagement visuel » et un « encore plus grand espace vert », fait valoir M. Gadoury.

Le dossier a été retiré le temps que le maire de l’arrondissement examine la demande et la faisabilité du projet.

« On parle d’un parc qui serait de la grosseur d’un rez-de-chaussée d’une maison donc de deux bancs et un bout de trottoir. Est-ce que c’est ce qu’on appelle un parc ? C’est une aire de repos. Est-ce que c’est souhaitable d’aménager ce type de lieu ? Est-ce que ça ne deviendrait pas un lieu glauque et peu sécuritaire ? Il y a beaucoup de questions à se poser », affirme François William Croteau en spécifiant que son idée sur le sujet n’est pas encore faite.

Sa réponse sera annoncée lors du prochain conseil d’arrondissement, qui se tiendra le 13 mars prochain.

L’oeuf ou l’enveloppe?

Si un tel projet se concrétise, l’arrondissement devra débourser une somme pour l’analyse du sol, la décontamination du sol si nécessaire, les plans et l’aménagement de l’espace.

« Ça pourrait coûter facilement un demi-million de dollars plutôt que de recevoir 97 000 $, fait part le maire de Rosemont-La Petite-Patrie. En 2013, on avait déposé une réserve foncière à cet endroit-là pour en faire un parc plutôt qu’un projet immobilier et on avait abandonné l’idée car le coût d’acquisition du terrain était trop élevé pour l’arrondissement. »

Si M. Croteau opte pour le versement de la somme tel que proposé initialement, le montant de 10 % sera placé dans un fonds consolidé pour être éventuellement dépensé dans un autre projet de parc.

« Il y aurait un coût c’est certain, mais le coût le plus élevé est le coût foncier ; la valeur du terrain. Il reste que ça coûterait beaucoup moins cher que si on essayait de l’exproprier car, en expropriation, il faut toujours que tu paies la plus-value que le promoteur pourrait avoir en développement de terrain… ce serait donc plus cher que le 97 370 $ », explique pour sa part Marc-André Gadoury.

Dossier semblable

Un projet semblable a été mis de l’avant par le maire de Rosemont-La Petite-Patrie et les élus de Projet Montréal en 2016. Ces derniers désiraient transformer le stationnement situé au coin de la rue Beaubien et Boyer en espace vert afin d’y aménager une place publique pour les festivités du 375e de Montréal.

Le projet a toutefois été bloqué au dernier moment par le maire de Montréal, Denis Coderre. Marc-André Gadoury s’y était également opposé.

Ce projet de revitalisation de plus d’un demi-million de dollars avait été mis sur pied en concertation avec la Société de développement commercial (SDC) de la Plaza Saint-Hubert afin de répondre au manque d’espaces publics et d’espaces verts dans l’arrondissement.

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