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La Petite-Patrie accueille la magie de la fée urbaine

Vie de quartier
L'artiste Patsy Van Roost invite les résidents de Rosemont-La Petite-Patrie à partager et congeler leur recette d'amour. (photo : Gracieuseté — Patsy Van Roost)
L’artiste Patsy Van Roost invite les résidents de Rosemont-La Petite-Patrie à partager et congeler leur recette d’amour. (photo : Gracieuseté — Patsy Van Roost)

Il y a ceux qui font de l’art dans un but lucratif et pour la renommée et il y a les artistes, comme Patsy Van Roost, qui font de l’art pour rendre heureux leur prochain. Depuis la mi-janvier, celle qui se fait connaitre sous le nom de « la fée urbaine » répand sa magie dans La Petite-Patrie.

Pendant un an, l’artiste Patsy Van Roost séjournera dans quatre quartiers de Montréal, à raison de trois mois chacun. L’objectif : élaborer des projets participatifs et spécifiques aux réalités de chacun des secteurs qu’elle visite.

« Je voulais venir dans Rosemont-La Petite-Patrie comme premier quartier car j’ai appris que j’avais beaucoup de fans ici. Comme c’est l’hiver, c’est beaucoup plus difficile de rencontrer des gens. Je me suis dit que j’allais mettre toutes les chances de mon côté et commencer là où je suis déjà attendue », raconte Patsy Van Roost, rencontrée dans l’un des nombreux cafés de La Petite-Patrie.

Ses multiples projets urbains, qui possèdent le point commun de rapprocher les gens, ont conquis les résidents du Mile-End ; le quartier qu’elle habite depuis 28 ans. L’amour dégagé par cette « fée urbaine » ou « fée du Mile-End », comme l’a surnommé le journal Le Devoir, trouve désormais preneur dans Rosemont-La Petite-Patrie.

Selon ses dires, au moins 25 personnes attendaient son arrivée dans le quartier. Lors de l’annonce de sa résidence d’artiste, les administrateurs de la page Facebook Les amis de la rue de Saint-Vallier ont fait pression afin que « RosePatrie » se pose comme l’une de ses destinations.

Avec leur aide, il lui a fallu que quatre heures pour trouver une famille ouverte à l’héberger gratuitement pour les trois mois de son passage. Le hasard a fait en sorte que celle-ci réside dans La Petite-Patrie. Depuis son arrivée, elle oeuvre à mettre en exécution son projet propre à ce bout de secteur, qui sortira pour la Saint-Valentin.

L’amour dans La Petite-Patrie

Jusqu’au 10 février [l’artiste accepte quelques retardataires jusqu’au 12 février], les résidents de La Petite-Patrie sont invités à lui faire part de leur recette d’amour via un formulaire en ligne. « L’idée est que tu me dises comment tu cultives l’amour dans ta maison », explique-t-elle.

Pour les résidents de la rue de Saint-Vallier, leur recette sera imprimée sur un acétate et leur sera remise avec un guide d’indications pour qu’ils congèlent celle-ci dans un bouteille remplie d’eau minérale. Ceux-ci devront ensuite déposer leur recette congelée en face de leur maison du 14 au 19 février, telle une bouteille à la mer, afin de partager leur manière de cultiver l’amour avec leurs voisins.

Pour les résidents qui logent ailleurs dans La Petite-Patrie, c’est Patsy Van Roost qui s’occupera de congeler les recettes. Ces dernières seront ensuite accrochées dans un parc étant donné qu’elle ne pouvait pas arpenter toutes les adresses du quartier. L’artiste espère en récolter une centaine.

Favoriser la proximité

Patsy Van Roost (gauche) en compagnie de son aide-factrice. (photo : Gracieuseté — Patsy Van Roost)

Patsy Van Roost (gauche) en compagnie de son aide-factrice Valérie Menguy. (photo : Gracieuseté — Patsy Van Roost)

« C’est la première fois que je fais faire le résultat final aux gens et ça m’excite beaucoup ! », témoigne Patsy Van Roost, qui a déposé une lettre d’invitation dans plus de 700 boîtes aux lettres du secteur afin de solliciter directement la participation des citoyens.

« Je n’avais pas envie que les gens mettent le papier tout de suite au recyclage. J’ai donc cousu un coeur sur chaque invitation pour attirer leur attention. Évidemment, je ne pouvais pas faire ça toute seule. J’ai donc lancé un appel d’aide et 25 personnes sont venues me rejoindre au café Les Oubliettes pour m’aider à découper et coudre les coeurs », explique la fée urbaine.

Une dame lui a notamment fait part de l’apaisement à recevoir un tel coeur par la poste à la suite du décès de son mari ; un message qui a grandement touché l’artiste et qui témoigne d’une réussite, peu importe le degré de participation final des citoyens.

« Coudre le petit coeur sur les lettres requiert énormément d’heures de travail. Je sais que ça vaut la peine car à chaque fois que je le fais, il m’arrive quelque chose comme ce message » raconte l’artiste.

Celle-ci compte lancer une invitation pour une déambulation collective le jour de la Saint-Valentin, afin que les résidents lisent tous ensemble les recettes d’amour spécifiques à chacun et ainsi « créer des connexions » et « connaître ses voisins ».

Avant de s’envoler vers Hochelaga-Maisonneuve en avril, la fée urbaine garde en tête celle qu’elle appelle « Madame la Marquise » pour un dernier coup de baguette.

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