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La Plaza revient sur les travaux

Économie
La nouvelle marquise possédera une structure d'acier, des panneaux de verres ainsi que des piliers en bordure de la chaussée. (photo : Capture d'écran — Ville de Montréal)
La nouvelle marquise possédera une structure d’acier, des panneaux de verres ainsi que des piliers en bordure de la chaussée. (photo : Capture d’écran — Ville de Montréal)

Les commerçants sont inquiets et curieux quant au déroulement des travaux prévus sur la rue Saint-Hubert. Mais, surtout très inquiets.

C’est ce qu’a appris pamplemousse.space.monolith.agency, puisque la Plaza St-Hubert tenait hier soir (21 mars) une assemblée générale de ses membres. Après une présentation livrée par les élus et les fonctionnaires, la période de questions s’est étirée, dans un calme qui a surpris les responsables de l’artère commerciale, nous ont-ils confié. Mais les émotions sont à fleur de peau, en général, chez les commerçants, quand on leur parle des travaux. Élus et fonctionnaires ont répété qu’ils sont nécessaires, certaines infrastructures ayant plus de 100 ans et la plupart sont en fin de vie utile. Ils ont réitéré leur volonté d’écouter et d’informer.

Les préoccupations portent davantage sur la durée et l’ordre des travaux. Les commerçants se sont fait présenter trois scénarios sur lesquels planche la Ville : des travaux sur une seule saison, sur deux saisons ou sur quatre. Les commerçants aimeraient qu’ils soient davantage restreints dans le temps, pour limiter les dégâts concernant l’achalandage. Mais les responsables estiment que le scénario de travaux effectués sur une seule année est extrêmement risqué et difficilement envisageable. Car il faut démanteler la marquise actuelle, en ériger une nouvelle, refaire égouts, aqueduc, filage électrique et télécommunications, trottoirs, rues, places publiques, traverses piétonnes, mobilier urbain…

Ces travaux de 55 millions, les plus coûteux de l’histoire de Montréal pour une rue commerciale, impliquent de nombreux entrepreneurs et corps de métiers. D’autant plus qu’il sera impossible de travailler jour et nuit, pour ne pas nuire aux résidents de la rue. Et la pénurie de main-d’œuvre, dans certains corps de métiers, rend difficiles les travaux en continu.

La Ville privilégie actuellement un scénario sur deux saisons. Il y a quatre tronçons à refaire entre Bellechasse et Jean-Talon. Les travaux seront-ils menés sur deux tronçons contigus ou non? La Ville étudie ses options. On ne veut pas faire fuir la clientèle parce qu’elle aura la perception qu’il faudra marcher longtemps pour aller jusqu’à son commerce préféré, ou pour se trouver du stationnement. Les responsables se sont engagés à consulter davantage les commerçants et à les informer de leur décision, qui viendra dans quelques semaines.

Ça commence en automne

Les travaux commencent cet automne, avec le démantèlement de la marquise. L’automne serait la moins mauvaise des saisons, pour ne pas nuire à l’activité commerciale.

Ici aussi, on planche sur deux scénarios : on rase tout ou on conserve les piliers et le treillis sur lequel sont accrochées les affiches des commerces. La Ville penche pour cette dernière option, pour laquelle les commerçants sont divisés. Certains s’accommoderaient d’affiches temporaires et d’une démolition complète, pour accélérer les travaux. D’autres craignent les coûts. Plusieurs aimeraient que la marquise puisse se prolonger jusque sur la façade des immeubles, pour éviter, comme c’est le cas maintenant, de se faire arroser par la pluie. Mais ce scénario ne serait pas envisagé par la Ville, au déplaisir de plusieurs, qui désirent un concept moins uniforme.

Les dirigeants de la Plaza ont insisté sur le programme de rénovation des façades commerciales, qui s’adresse tant aux propriétaires qu’aux commerçants. L’occasion est trop belle pour refaire les devantures, d’autant que plusieurs immeubles ont besoin de beaucoup d’amour sur la rue Saint-Hubert…

Le stationnement

La Ville va aussi mener des études de circulation dès maintenant, pour déterminer où elle plantera sa signalisation intelligente, question de guider la clientèle vers les stationnements appropriés. Cette signalisation indiquera en temps réel les places disponibles. On espère que les clients n’auront pas à marcher plus de 600 mètres pour se rendre à destination.

Le stationnement soulève encore les passions. De nombreux commerçants apprécient le stationnement autorisé pour 15 minutes sur un côté de rue, qui aurait moussé leur chiffre d’affaires. Une majorité veut qu’ils soient maintenu, quitte à ne pas élargir les trottoirs comme c’est envisagé. D’autres craignent l’annonce du maire Denis Coderre, qui a parlé du retrait de nombreuses places de stationnement. Les autorités ont répliqué que ces retraits permettront l’ajout de traverses piétonnes et de places publiques, où il n’y aura pas de marquise.

Quant à la compensation financière espérée par les commerçants, les élus ont affirmé qu’ils attendent des nouveaux pouvoirs de Québec pour pouvoir en attribuer. On s’attend à ce que Québec bouge en juin sur le sujet.

Chose certaine, tous les commerces seront accessibles à pied sur la rue Saint-Hubert, en tout temps, peu importe les travaux. Mais les livraisons devront se faire par les ruelles, déjà très sollicitées par le camionnage.

Les travaux principaux commenceront donc en 2018 et n’affecteront pas les deux ventes trottoir. Mais on ne connaît pas le sort de celles de 2019.

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