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Endurer les travaux pour avoir meilleure réputation

Économie
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La Plaza St-Hubert regroupe 400 commerces et professionnels. L’artère commerciale s’étend de Bellechasse à Jean-Talon. (photo : Capture d’écran — Ville de Montréal)

Bien que les travaux de la Plaza Saint-Hubert risquent d’engendrer une diminution de l’achalandage, ils pourront permettre aux commerçants de se défaire de la mauvaise presse engendrée par les commerces très bon marché.

Du moins, c’est ce que croient certains d’entre eux.

Questionnés à savoir si la revitalisation sera un gage de clientèle, les commerçants de la Plaza Saint-Hubert rencontrés par le journal La Petite-Patrie admettent qu’ils ne peuvent que se croiser les doigts. L’inquiétude est certainement palpable vis-à-vis des travaux à venir, mais l’idée de pouvoir éventuellement loger sur une artère qui sera plus attrayante et invitante pour la clientèle permet à plusieurs de garder la tête haute.

Certains en parlent en chuchotant, d’autres le disent avec un peu plus d’ouverture : au-delà du débat entourant la marquise, l’aménagement et les espaces de stationnements, le manque d’attrait pour la Plaza Saint-Hubert provient entre autres des commerces très bon marché, aux allures plus ou moins soignées, qui peuvent y être retrouvés. Certains les surnomment « fly by night », car ils sont connus pour fermer du jour au lendemain… ni vu ni connu.

« Plusieurs commerces nuisent à la visibilité de la Plaza. Esthétiquement, il y a en beaucoup qui perpétuent l’image du produit bon marché fait en Chine. La diversité n’est pas là, explique un commerçant qui a préféré ne pas être identifié. Ultimement, les commerces qui donnent mauvaise presse à la Plaza me donne mauvaise presse par la bande. »

Le grand ménage

C’est ainsi que certains commerçants arrivent à parler des rénovations comme « d’un mal pour un bien, car la Plaza a besoin d’un bon coup de pouce ». Bien que la revitalisation risque de faire mal à l’achalandage, elle donnera l’occasion à la Plaza Saint-Hubert de redorer complètement son image en y faisant le grand ménage : de son artère jusqu’à ses commerçants.

« Soyons honnêtes… la Plaza n’est pas très belle en ce moment. Elle a clairement besoin de se refaire une beauté. Plusieurs boutiques laissent à désirer. Les bons commerces vont survivre », fait part le citoyen Paolo Albanese dans les commentaires laissés au-dessous d’un article sur la Plaza Saint-Hubert publié récemment par le journal La Petite-Patrie.

« Un bon commerce c’est un bon commerce. La grand-mère a acheté, la mère a acheté, la fille va acheter et ça va continuer », croit également George Elfassi, propriétaire de la boutique de robe de bal et de mariée Ami Fer qui existe depuis plus de 30 ans.

Pour les boutiques de robes de bal et de mariée qui sont prises dans une saison morte qui s’éternise du mois de juillet à janvier, les temps réguliers sont déjà considérés comme difficiles. Si les travaux s’éternisent, certains devront peut-être se résigner à mettre la clé dans la serrure avant que la Plaza Saint-Hubert soit renouvelée.

« Est-ce que je suis capable de résister pendant deux ans ? On a un bail avec les propriétaires et le loyer coûte très cher. Est-ce qu’on sera capable de couvrir et de manger ? » s’interroge Mohamed Bessouda, qui loge sur la Plaza Saint-Hubert depuis 15 ans comme propriétaire de la boutique Cha Cha, spécialisée en robes de soirée.

Gentrification 

Qui dit image redorée dit également augmentation des loyers. Les commerçants l’appréhendent.

« C’est paradoxal. J’ai l’impression que ça va être le nouveau coin in comme dans le Mile-Ex et dans Hochelaga, sauf que ça entraîne une augmentation substantielle des loyers aussi », craint Jonathan Roireau, propriétaire de la librairie d’occasion Parenthèse.

Si les visions sont multiples sur la façon d’aménager la Plaza Saint-Hubert, les commerçants rencontrés se montrent unanimes sur un point : s’il y a augmentation des loyers, elle devra être à la hauteur de l’augmentation de la clientèle.

« Si la clientèle est au rendez-vous, je n’ai pas de problème à ce qu’ils augmentent les taxes et loyer, mais s’il n’y a personne qui vient dans ton magasin, tu ne peux pas payer les dépenses », plaide M. Elfassi.

Entre les boutiques attrayantes et les boutiques bon marché, la Plaza Saint-Hubert devra trouver le juste milieu afin d’éviter une gentrification tel que l’ont connu les quartiers Hochelaga et Saint-Henri.

À lire également : La Plaza revient sur les travaux

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