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Projection 2037 : penser le quartier dans 20 ans

Vie de quartier
projet 2037
L’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie est la seule à participer à un projet de telle envergure. (photo : Gracieuseté de la SDC Petite-Italie–Marché Jean-Talon)

Dans les mois à venir, les résidents du quartier seront invités à réfléchir sur l’avenir de l’arrondissement à partir du scénario « Vivre, travailler et se divertir dans son quartier en 2037 ».

L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie a approché l’équipe du Lab Ville prospective de l’Université de Montréal afin de piloter le projet Projection 2037 (P37), qui vise à réfléchir sur la manière dont se transformera l’arrondissement dans les vingt prochaines années.

« L’objectif est de dire comment un citoyen pourra vivre, travailler et se divertir à moins de 250 mètres de sa résidence », explique le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François William Croteau.

Prochainement, les citoyens seront invités à prendre part à différentes marches dans l’arrondissement pour imaginer des scénarios, à participer à des ateliers de codesign ou encore à l’écriture de récits représentant le quartier dans le futur.

« Par exemple, on va prendre une famille qui vit dans La Petite-Patrie et imaginer sa journée en 2037 : où est-ce qu’ils travaillent, est-ce qu’ils prennent la voiture, les activités qu’ils pourront faire, etc. On va essayer de scénariser ça de façon la plus concrète possible pour permettre un débat le plus riche possible avec les résidents et les citoyens », précise le chercheur et professeur adjoint à la Faculté de l’Aménagement de l’Université de Montréal, Christophe Abrassart.

Défis à l’horizon

Les différentes parties prenantes (citoyens, résidents de l’arrondissement, organismes, représentants de la Ville, écoquartiers, entrepreneurs, etc.) doivent toutefois s’attendre à relever plusieurs défis.

« Ça demande une réflexion assez vaste en plus d’intégrer toutes les tendances urbaines qui vont avoir lieu au cours des prochaines années, souligne le maire de Rosemont-La Petite-Patrie. L’arrondissement devra réfléchir à sa règlementation d’urbanisme, à sa planification de l’aménagement, à ses investissements divers sur l’ensemble du territoire et de quelle manière le citoyen peut vivre et participer à cette transformation. »

M. Croteau cite en exemple les entreprises qui s’installent à proximité de leurs employés, comme Moment Factory et Behaviour dans La Petite-Patrie.

« Comme arrondissement, on doit donner les moyens à ces travailleurs-là d’habiter près de leur travail, mais aussi de pouvoir se déplacer facilement à vélo, à pied et en transport en commun. Ça amène naturellement un ensemble de défis », fait-il part.

Le printemps et l’été 2017 accueilleront les premières grandes lignes de réflexions. Celles-ci seront ensuite synthétisées dans un cahier de propositions, qui sera soumis à la population en janvier 2018 et qui favorisera la participation citoyenne.

Créativité à l’honneur

Selon M. Abrassart, le projet ne vise pas qu’à idéaliser un arrondissement, mais également à faire valoir la créativité des citoyens. Celui-ci parle notamment de se pencher sur l’économie circulaire. Au lieu de faire de la consommation rapide et d’utiliser les ressources planétaires, les déchets pourraient être utilisés comme ressources pour fabriquer de la matière, explique-t-il.

À titre d’exemple, il fait part qu’il serait possible de créer une bière de quartier conçue à partir du pain récupéré auprès du boulanger du coin.

Le développement des tiers-lieux, une notion introduite en 1989 par le sociologue américain Ray Oldenburg pour désigner des lieux ne relevant ni du domicile ni du travail, sera également abordé.

« Ça peut être un café ou la bibliothèque. Ce sont des lieux inclusifs, où on va rencontrer d’autres personnes, débattre avec d’autres citoyens. Il y a plein d’expériences qui peuvent s’y dérouler. Ça peut être un café de réparation d’objets ou un café de couture. C’est très riche terme de vie de quartier », fait part le chercheur de l’Université de Montréal.

Pour le chercheur de l’Université de Montréal, le projet P37 donnera l’occasion aux résidents de Rosemont-La Petite-Patrie de voir « comment on peut imaginer et anticiper les transformations plus fortes pour choisir celles qui sont souhaitables pour l’arrondissement plutôt que de subir le futur. »

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