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Travaux sur la Plaza : entre inquiétude et optimisme

Économie
Plaza
Bien que plusieurs commerçants expriment leur inquiétude vis-à-vis de l’arrivée des travaux de la Plaza Saint-Hubert, le combat ne sera pas le même pour les commerces de destination et les commerces de proximité. (photo : Lindsay-Anne Prévost)

« Nous sommes plus qu’inquiets ». C’est ce que les commerçants de la Plaza Saint-Hubert ont répondu d’emblée lorsque le journal La Petite-Patrie les a rencontrés.

« On parle de deux étés, donc deux points chauds dans l’année au niveau de l’achalandage. C’est quelque chose qui va frapper fort », appréhende Jonathan Roireau, propriétaire de la librairie Parenthèse.

Bien qu’il témoigne de son inquiétude de voir les travaux prendre vie devant sa porte, il avoue que son combat sera différent des autres. En effet, Jonathan Roireau tient la seule librairie d’occasion de l’artère commerciale et sa clientèle vient des rues à proximité. Bien que tous devront faire face à une diminution d’achalandage, les temps seront encore plus difficiles pour les commerces de destination.

« Même si on dit que la rue va être conservée sur certains tronçons, elle va être barrée dans l’imaginaire collectif », croit-il.

Commerces de destination

Les propriétaires de commerces de destination, comme ceux des boutiques de robes de bal et de mariée par exemple, s’attendent à une baisse considérable de leurs ventes puisque leur clientèle provient majoritairement de l’extérieur de l’île de Montréal. La Plaza Saint-Hubert est une référence pour les futures mariées et diplômées. Toutefois, les propriétaires des dites boutiques craignent que cela ne puisse suffire à conserver la clientèle.

« L’avantage ici, c’est que les clients font toutes les boutiques, mais quand il va y avoir le problème de stationnements et les travaux, ils vont se déplacer de boutique en boutique sur Laurier, Jean-Talon, Laval, etc. », se désole Mohamed Bessouda, propriétaire de la boutique Cha Cha, spécialisée en robes de soirée.

Selon lui, la saison morte, qui s’éternise du mois de juillet à janvier pour ce type de commerçants, ne les aidera pas à gagner leur combat contre la baisse d’achalandage. « On ne fait pas de l’argent pour vivre, mais pour survivre », témoigne-t-il.

« Le choix de robes de bal et de mariée est extraordinaire. Même les gens en dehors de la ville le savent. S’il y a des commentaires négatifs disant de ne pas venir sur la rue Saint-Hubert, ça ne va pas nous aider », nuance George Elfassi, propriétaire de la boutique de robe de bal et de mariée Ami Fer.

Bien que celui-ci qualifie la rue Saint-Hubert comme de la « meilleure rue à Montréal », il ne nie pas qu’il devra se résigner à déménager, après avoir eu pignon sur la rue Saint-Hubert pendant plus de 30 ans, si les clients ne sont plus au rendez-vous.

Optimisme et créativité

La propriétaire des boutiques de mode Belle et Rebelle et Petite Rebelle, Anne Lespérance, conçoit différemment le combat que devront mener les commerces de proximité comparativement aux commerces de destination.

Elle croit que les commerçants devront avoir « de la vision et soient positifs pour ne pas alarmer les gens », car les travaux auront lieu d’une manière ou d’une autre.

« Il faut réinventer la manière dont on fait du commerce. Il faut que les gens se soutiennent en créant des partenariats dans le quartier, dit-elle. Il nous reste un an pour se préparer et je pense vraiment qu’il y a moyen de virer ça pour que ce soit moins mauvais. »

Par exemple, Mme Lespérance lance comme idée d’enjoliver les rues en chantier avec des œuvres d’art ou bien d’offrir la gratuité pour les parcomètres.

Les travaux s’étendront sur deux ans, soit de 2018 à 2020.

À venir : Rénovation de la Plaza, un gage de clientèle ?

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