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Le loisir, un aussi bon facteur d’intégration que le travail ?

Économie, Vie de quartier
La Maisonnée
Selon Richard Nicol, coordonnateur au bénévolat et à la vie communautaire à La Maisonnée, le loisir pourrait être un aussi bon facteur d’intégration que le travail auprès des immigrants. (photo : Gracieuseté — La Maisonnée)

C’est ce que l’organisme La Maisonnée, située au 6865, avenue Christophe-Colomb, tentera de savoir par une démarche de recherche d’envergure portant sur l’impact du loisir sur l’intégration au Québec.

Au cours de sa vaste expérience de terrain comme coordonnateur au bénévolat et à la vie communautaire à La Maisonnée, Richard Nicol s’est bien vite rendu compte que les loisirs touristiques, les découvertes régionales et les vacances sont des moments qui favorisent autant l’intégration des nouveaux arrivants à la société québécoise que le travail.

« On valorise beaucoup le travail pour favoriser l’intégration des immigrants, ce qui n’est pas faux. Toutefois, ça favorise surtout le fait qu’on doit gagner sa vie, croit M. Nicol. Il n’y a rien qui est mis en place au ministère de l’Immigration pour soutenir la découverte de la culture québécoise à travers les arts ou pour favoriser la rencontre entre immigrants et Québécois en région. »

C’est ainsi qu’il a décidé de mettre en place une démarche de recherche axée sur le loisir et l’intégration. Selon La Maisonnée, « aucune démarche de recherche de cette nature et de cette ampleur n’a été menée ces dernières années, et encore moins dans une perspective québécoise. »

« L’objectif général est de dresser l’état des connaissances scientifiques et professionnelles sur la problématique du loisir et l’intégration sociale des immigrants en lien avec la société d’accueil ainsi que les enjeux d’action corrélés, et ce aux échelles québécoise, canadienne et internationale », explique l’organisme dans un communiqué de presse.

Démarche de recherche

Pour se faire, La Maisonnée a élargi sa collaboration avec M. Bob White, professeur titulaire au département d’anthropologie et directeur du Laboratoire de recherche en relations interculturelles de l’Université de Montréal (LABRI). Le professeur au département d’études en loisir, culture et tourisme à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Romain Roult, s’est également joint au projet.

Des étudiants au doctorat ont été embauchés pour rédiger une revue de la littérature sur le loisir et l’intégration. Une fois que celle-ci sera terminée dans les semaines à venir, l’organisme procèdera à des entrevues auprès d’organisateurs de loisirs qui sont en contact avec des Québécois et des immigrants.

« L’idée est de voir de quelle façon il y a un rapprochement entre Québécois, immigrants et participants lors des activités, résume Richard Nicol. Lorsqu’ils vont au cinéma ou voir une partie des Canadiens de Montréal, de quelle façon est-ce que ça les intéresse et améliore leur compréhension du Québec et leur intégration ? »

Recherche à grande échelle

Le projet de recherche actuel est évalué à environ 13 000 $. L’organisme bénéficie d’un soutien financier totalisant 2 700 $ de la part de l’Observatoire québécois du loisir de l’UQTR et du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).

Si le projet de recherche va bon train, La Maisonnée fera une demande de subvention en 2018 pour creuser le sujet plus en profondeur et savoir « quelles sont les caractéristiques dans le loisir qui favorisent davantage l’intégration que le travail ».

À travers celui-ci, M. Nicol espère mener le gouvernement à développer des programmes pour favoriser la découverte du Québec dans un contexte de loisir.

La Maisonnée offre des services collectifs et individuels en matière d’accueil et d’établissement ainsi que d’employabilité et d’insertion en emploi. Elle accueille plus de 10 000 personnes chaque année. 

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