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Recherche de locaux communautaires : une aiguille dans une botte de foin

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L’organisme communautaire dédié aux familles de La Petite-Patrie, Halte la Ressource, et la coopérative de solidarité Mosaïques doivent se résigner à déménager du 2105, rue Beaubien Est. (photo : Page Facebook de Halte la Ressource)

Alors que plusieurs citoyens peinent à trouver la perle rare en matière de logements, les organismes communautaires doublent de difficultés en matière de recherche de locaux.

Le 2105, rue Beaubien Est est situé à l'intersection de l'avenue de Lorimier. (photo : Google Street View)

Le 2105, rue Beaubien Est est situé à l’intersection de l’avenue de Lorimier. (photo : Google Street View)

C’est le constat que partage l’organisme communautaire pour les familles de La Petite-Patrie, Halte la Ressource, et la coopérative de solidarité culturelle Mosaïques, qui doivent se résigner à quitter leur chaleureux 2105, rue Beaubien Est, en raison d’une augmentation substantielle du loyer. Le loyer, actuellement de 1 971 $ par mois, passera à environ 3 000 $ à partir du mois d’octobre.

« Le propriétaire s’est dit qu’il ferait des rénovations et qu’il ramènerait le loyer au prix du marché » témoigne l’une des travailleuses communautaires de Halte la Ressource, Marie-Pier Riendeau.

Bien qu’il reste encore six mois avant la date butoir, l’équipe de Halte la Ressource craint de ne pas arriver à se relocaliser dans La Petite-Patrie.

« En plus de vouloir rester dans La Petite-Patrie, on voudrait idéalement rester dans l’est du secteur, car il n’y a pas beaucoup de ressources. On a créé des liens avec les familles du quartier et avec les autres organismes. Changer de quartier reviendrait à tout recommencer à zéro », explique Marie-Pier Riendeau.

Difficulté de se loger

Comme pour bien d’autres groupes, Halte la Ressource devra faire face aux difficultés de se loger en tant qu’organisme communautaire. Trouver un immeuble à bon prix avec un espace convenable et dans un secteur restreint est parfois comparable à chercher une aiguille dans une botte de foin.

« Le milieu locatif dans le quartier n’est pas évident pour n’importe qui et encore moins pour les organismes communautaires, qui ont peu de moyens financiers », précise Mme Riendeau.

De son côté, le Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM) affirme avoir eu écho de la précarité des locaux pour les groupes communautaires.

« L’austérité a eu un gros impact sur les institutions. Quand il y a eu des coupures, notamment auprès de la Commission scolaire de Montréal, ça l’a forcé celle-ci à revoir sa manière de faire et mené les organismes communautaires qui occupaient les locaux depuis plusieurs années à devoir se relocaliser », raconte Bruno Laprade, agent de communication au RIOCM.

À cet effet, le Regroupement mène actuellement un sondage auprès des groupes communautaires de la métropole pour obtenir plus de données sur le sujet. Les résultats seront dévoilés à la fin du mois de mai.

Demeurer dans le quartier

Pour mettre les chances de leur côté, l’équipe de Halte la Ressource a envoyé un courriel à son réseau afin de partager leur recherche de nouveau local à louer ou acheter. Celui-ci devra être abordable, chaleureux, avoir une cuisine, détenir un minimum de quatre pièces fermées, des aires de vie communes et être facile d’accès en transport en commun. Halte la Ressource désire également demeurer en collaboration avec Mosaïques.

« Ça donne une belle ambiance et on est beaucoup plus fort à deux », précise Marie-Pier Riendeau. Celle-ci ne sait pas encore si elle patauge dans l’idéalisme, mais elle se croise les doigts pour réussir à trouver la perle rare dans La Petite-Patrie. Et si la magie n’opère pas comme souhaité, est-ce qu’il se pourrait qu’on puisse imaginer Halte la Ressource dans un quartier plus accessible comme Hochelaga-Maisonneuve ?

« C’est mieux que de fermer, mais ce n’est pas évident d’arriver dans un autre quartier. Il faudrait recréer des liens avec la communauté et les gens qui y habitent. On l’a déjà fait et on peut affirmer que c’est un travail qui est difficile et qui est long, car il faut gagner la confiance des gens et avoir les moyens de se faire connaître », raconte Marie-Pier Riendeau.

Halte la Ressource existe depuis 44 ans. L’organisme logeait auparavant sur le Plateau-Mont-Royal. Il a déménagé dans La Petite-Patrie il y a sept ans.

Pour les annonces de locaux susceptibles d’intéresser Halte la Ressource et la coopérative de solidarité culturelle Mosaïques, les citoyens peuvent contacter les organismes via l’adresse suivante : info@haltelaressource.org

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